Sur des chantiers, la sécurité du personnel qui intervient n’est pas négociable. Et lorsqu’on parle de tranchée ou de fouille, le blindage n’est pas qu’une simple recommandation, c’est une obligation légale dans de nombreuses situations.
Alors à partir de quand faut-il blinder et pourquoi? Dans cet article nous faisons le point sur les règles essentielles que tout professionnel du BTP doit connaître.
1 – À partir de 1,30 mètre de profondeur : le blindage devient obligatoire

D’après l’article R4534-24 du Code du Travail, “les fouilles de tranchée de plus de 1,30 mètre de profondeur et d’une largeur égale ou inférieure aux deux tiers de la profondeur sont, lorsque leurs parois sont verticales ou sensiblement verticales, blindées, étrésillonnées ou étayées.”
Pourquoi? Parce qu’au-delà de cette profondeur, le risque d’effondrement devient trop important pour les équipes intervenant dans la fouille.
2 – Adapter la protection selon la nature du terrain
Le même article R4534-24 précise que “les parois des autres fouilles en tranchée, ainsi que celles des fouilles en excavation ou en buttes sont aménagées, eu égard à la nature et à l’état des terres, de façon à prévenir les éboulements. À défaut, des blindages, des étrésillons ou des étaiements appropriés à la nature et à l’état des terres sont mis en place. Ces mesures ne sont pas réduites ou supprimées lorsque les terrains sont gelés” Même en hiver, la stabilité apparente du terrain ne garantit pas la stabilité.
Le texte ajoute que “ces mesures de protection sont prises avant toute descente d’un travailleur ou d’un employeur dans la fouille pour un travail autre que celui de la mise en place des dispositifs de protection.”
3 – Tenir compte des contraintes extérieures
L’article R4534 impose de prendre en considération les surcharges dues à l’environnement du chantier : “Pour la détermination de l’inclinaison à donner aux parois ou pour l’établissement des blindages, des étrésillons et des étais des fouilles en tranchée ou en excavation, il est tenu compte des surcharges dues aux constructions ou aux dépôts de toute nature, tels que matériaux divers, déblais, matériel, existant dans le voisinage, ainsi que des surcharges et des ébranlements prévisibles dus à la circulation sur les voies carrossables, les pistes de circulation et les voies ferrées se trouvant à proximité des fouilles.”
En d’autres termes, le dimensionnement et la configuration du blindage ne dépendent pas uniquement de la nature du sol, mais également des charges et des contraintes présentes autour de la fouille.
4 – Règles pratiques de mise en place
Conformément à l’article R4534-30, “lorsque les divers éléments d’un blindage sont assemblés hors de la fouille, la hauteur de ces éléments est au moins égale à la profondeur totale de la fouille. Pour éviter tout renversement ou déplacement, le blindage, après avoir été descendu dans la fouille, est convenablement calé.”

L’article R4534-32 précise que “des déblais ou du matériel ne peuvent être déposés le long d’une tranchée de plus de 1,30 mètre de profondeur que s’il est possible de ménager une berme d’une largeur de 40 centimètres au moins. Cette berme reste constamment dégagée de tout dépôt.”
5 – Vérifications après intempéries
Enfin, selon l’article R4534-34, “après une période de pluie ou de gel, il est procédé à un examen du talus des fouilles en excavation ou en tranchée. S’il y a lieu, le blindage est consolidé. L’employeur fait procéder à cet examen par une personne compétente. Le nom et la qualité de cette personne sont consignés sur le registre de sécurité.
Ces règles s’appliquent à tous les travaux en fouille : pose de canalisations, raccordements, ouvrages hydrauliques, fondations, bassins ou encore parois en zones urbaines.
Respecter cette législation, c’est protéger ses équipes, prévenir les accidents et éviter les interruptions de chantier.