Sur les chantiers utilisant des blindages, il n’est pas rare de voir des étais utilisés à la place d’étrésillons. Une pratique répandue…mais risquée.
Derrière ces deux éléments se cachent une différence majeure : leur fonction mécanique et leur résistance. Dans cet article nous faisons le point pour éviter toute confusion et garantir la sécurité ainsi que la conformité de vos chantiers.
1 – Deux outils, deux fonctions
Pour mieux comprendre la différence, rien de mieux qu’un retour aux définitions d’étais et d’étrésillons.

L’étai c’est le soutien vertical.
Définition : pièce de bois ou de métal utilisée pour soutenir une construction qui menace de s’écrouler ou qui est en travaux. Les étais sont conçus pour reprendre des charges verticales.

L’étrésillon, en revanche, travaille à l’horizontal.
Définition : pièce en acier placée entre deux parois de tranchée pour s’opposer à la pression latérale des terres. C’est un élément essentiel du blindage pour stabiliser les parois et prévenir les éboulements.
Le réglage de l’étrésillon se fait par vissage : la partie mâle s’insère dans la partie femelle, ce qui permet un ajustement progressif et une résistance supérieure à celle d’un étai.
2 – La clé de la différence : la reprise de charge
| Étais | Étrésillons | |||
| Type d’étai | Reprise de charge | Type d’étrésillon | Reprise de charge | Équivalent reprise de charge |
| Maçon | 500 à 2 000 kg | Massiv | 25 à 40 kn | 2 500 à 4 000 kg |
| Gros oeuvre | 700 à 2 900 kg | Standard (Boxer & Goliath) | 50 à 100 kn | 5 000 à 10 000 kg |
| Lourd | 2 000 à 3 800 kg | Renforcé (Tigre & Bison) | 120 à 260 kn | 12 000 à 26 000 kg |
Concrètement, les étrésillons ont des reprises de charges au moins cinq à six fois supérieures aux étais.
Et sans surprise, on retrouve également ces ratios dans les écarts de prix : un étrésillon coûte plus cher qu’un étai, mais offre des performances et une sécurité incomparables.
3 – Une confusion fréquente sur le terrain
Sur de nombreux chantiers, les équipes utilisent encore des étais à la place d’étrésillons; souvent pour des raisons de coût ou de disponibilité. Mais cette substitution est dangereuse :
- Les étais n’ont pas la résistance horizontale nécessaire pour contrer la poussée des terres.
- Leur système de blocage n’est pas conçu pour ces efforts latéraux, ce qui peut provoquer des glissements.
- En cas d’accident, la responsabilité de l’entreprise peut être engagée pour utilisation du mauvais matériel.
4 – Bien choisir ses étrésillons
Le choix d’un étrésillon dépend de plusieurs critères :
- Profondeur de la fouille et nature du terrain.
- Système de blindage choisi.
- Charge à reprendre et conditions d’appui entre les parois.
Un étrésillon sous-dimensionné ou mal adapté peut compromettre l’ensemble du dispositif de protection.